Le SOPK devient le SMOP
- Calyxte M

- 19 mai
- 4 min de lecture

Le SOPK ou syndrome des ovaires polykystiques est un trouble hormonal et métabolique touchant environ 1 femme sur 8. Il représente également l’une des principales causes d’infertilité en France.
Parmi les symptômes les plus fréquents, on retrouve notamment :
aménorrhée ou cycles irréguliers
ovaires multifolliculaires
résistance à l’insuline
prise de poids
hirsutisme
troubles de la fertilité
Pendant des années, le diagnostic du SOPK a largement reposé sur l’idée que toutes les patientes présentaient des “kystes” aux ovaires. Pourtant, de nombreuses femmes atteintes du syndrome ne sont pas concernées par ce symptôme, ce qui a contribué à de nombreux cas d’errance médicale et d’incompréhension autour de la maladie.
Le 12 mai 2026, le SOPK a officiellement été renommé SMOP : syndrome métabolique ovarien polyendocrinien. PMOS en anglais (Polyendocrine Metabolic Ovarian Syndrome)
Un changement de nom qui soulève aujourd’hui de nombreuses attentes, mais aussi certaines interrogations.
Pourquoi le syndrome des ovaires polykystiques change de nom ?
Le 12 mai 2026, lors du congrès d’endocrinologie de Prague, la chercheuse Helena Teede a officiellement annoncé le changement de nom du SOPK. Le syndrome des ovaires polykystiques devient désormais le SMOP : syndrome métabolique ovarien polyendocrinien.
Pourquoi ce changement de nom était-il devenu nécessaire ? Pendant des années, le SOPK a reposé sur l’idée que toutes les femmes atteintes du syndrome présentaient des “kystes” aux ovaires. Pourtant, cette représentation était loin d’être fidèle à la réalité des patientes et a contribué à de nombreux cas d’errance médicale, mais aussi à une incompréhension globale de cette pathologie.
Cette vision réductrice pouvait entraîner des erreurs de diagnostic, ainsi qu’une prise en charge inadaptée.
Après plusieurs années de réflexion et de concertation, les experts ont finalement estimé qu’un changement de nom permettrait de mieux représenter la complexité du syndrome, tout en limitant les confusions autour de la maladie.
L’objectif derrière ce nouveau nom est également d’améliorer la reconnaissance des aspects hormonaux et métaboliques du SOPK, avec l’espoir d’une meilleure prise en charge des patientes à long terme.
Du SOPK au SMOP : Un changement loin d’être anodin
Ce changement de nom est loin d’être anodin. Il marque la reconnaissance du fait que le terme SOPK était devenu inadapté et source de confusion. L’appellation syndrome des ovaires polykystiques impliquait la présence systématique de kystes aux ovaires et réduisait la maladie à ce seul symptôme, alors qu’il s’agit en réalité d’un syndrome bien plus complexe.
Car il n’existe pas un SOPK, mais des SOPK. Certaines patientes souffrent principalement de troubles hormonaux, d’autres de résistance à l’insuline, de troubles de la fertilité, d’hirsutisme ou encore de symptômes métaboliques importants.
Reconnaître que cette appellation n’était plus adaptée et renommer le SOPK en SMOP permet donc d’apporter une nouvelle vision de la maladie, mais aussi une meilleure compréhension et reconnaissance de celle-ci.
L’objectif de ce changement est également de mieux prendre en compte le vécu des patientes, d’améliorer le diagnostic et, à terme, de réduire les risques d’erreurs médicales et les années d’errance diagnostique.
Pourquoi le terme ovaires polykystiques posait problème ?
Pendant des années, le nom syndrome des ovaires polykystiques a entretenu une vision réductrice de la maladie. Beaucoup de patientes pensaient souffrir de véritables kystes ovariens, alors que le SOPK ne se résume ni aux ovaires, ni à ce symptôme.
En réalité, cette appellation ne reflétait pas la physiopathologie multisystémique du syndrome. Entre confusion, incompréhension et stigmatisation, le terme SOPK ne représentait plus correctement la complexité de la maladie et de ses différentes manifestations.
Contrairement à l’ancien terme SOPK, le SMOP cherche désormais à mieux mettre en avant les multiples dimensions du syndrome :
les dysfonctionnements hormonaux et endocriniens
les troubles métaboliques, notamment la résistance à l’insuline
les troubles de l’ovulation et de la fertilité
les symptômes dermatologiques comme l’acné ou l’hirsutisme
l’impact psychologique et émotionnel de la maladie
Ce nouveau nom permet ainsi de recentrer la maladie sur ses mécanismes endocriniens, métaboliques et ovariens, plutôt que sur la seule présence supposée de kystes aux ovaires.
Ce que le nouveau nom du SOPK cherche à changer
Le changement du SOPK en SMOP pourrait permettre une meilleure reconnaissance de la maladie et améliorer la prise en charge des patientes à plusieurs niveaux :
une réduction des erreurs et retards de diagnostic
une meilleure compréhension des symptômes par le grand public
une reconnaissance plus large des aspects métaboliques du syndrome
une prise en charge plus globale et multidisciplinaire
une diminution de la stigmatisation autour de la maladie
une meilleure écoute du vécu des patientes
Reste désormais à savoir si ce changement de nom sera réellement suivi d’évolutions concrètes dans le parcours de soin des patientes.
Les attentes et les limites derrière ce changement de nom
Malgré l’espoir suscité par ce changement de nom, de nombreuses patientes attendent désormais des avancées plus concrètes autour du SMOP. Car si cette nouvelle appellation permet une meilleure représentation de la maladie, elle ne change pas encore la réalité du parcours de soin.
des diagnostics encore très longs à obtenir
un manque de formation de certains professionnels de santé
une banalisation persistante des symptômes féminins
peu de solutions réellement efficaces selon les symptômes
l’absence de traitement curatif à ce jour
un accompagnement psychologique encore insuffisant
des inégalités d’accès aux spécialistes
Changer le nom du SOPK en SMOP représente donc une avancée symbolique importante, mais les patientes attendent désormais que cette reconnaissance s’accompagne d’une véritable évolution de la prise en charge médicale et de la recherche.
Conclusion
En définitif, ce changement de nom du SOPK en SMOP marque une avancée importante dans la reconnaissance des maladies féminines et de leur complexité. C’est un premier pas, je l’espère, vers un avenir meilleur pour les patientes et toutes celles qui cherchent encore des réponses à leurs symptômes.
Le SMOP pourrait également permettre une meilleure compréhension de la maladie, aussi bien du côté des chercheurs que des professionnels de santé, avec l’espoir d’une prise en charge plus adaptée à la réalité des patientes.
Peut-être que ce changement ouvrira aussi la voie à une réflexion plus large autour de la dénomination d’autres pathologies complexes, comme l’Endométriose, dont le nom continue encore aujourd’hui à entretenir certaines confusions autour de la maladie et de ses mécanismes.
Et si le changement du SOPK en SMOP montre à quel point les mots ont un impact sur la compréhension des maladies féminines, cette pathologie continue elle aussi d’être entourée de nombreuses idées reçues et incompréhensions.
Pour aller plus loin, découvrez également mon article : Endométriose et alimentation : quelle alimentation privilégier ?



Commentaires